Pardi di Domani 2026 : la première liste de films de Locarno 79 est là
📅 1er juillet 2026⏱ 7 min de lecture📷 Photographe accrédité Locarno 79
Avant la grande annonce du 9 juillet, Locarno vient de dévoiler la toute première liste de films de sa
79e édition : les Pardi di Domani, la section des courts et moyens métrages, laboratoire du cinéma de
demain.
40premières mondiales
3compétitions
29pays représentés
C’est ici, dans les Pardi di Domani — les « Léopards de demain » — que Locarno
déniche depuis des décennies les cinéastes de la génération suivante : Spike Lee y a
montré son premier court trois ans avant She’s Gotta Have It, et Jessica Hausner y a débuté
avant de présider le jury du concours international. Cette année, le comité mené par Eddie
Bertozzi place la sélection sous le signe de « la guerre des mondes » : les conflits qui fracturent le
présent, et les batailles intimes qui définissent notre humanité. Quarante titres sans concession,
répartis en trois compétitions.
Concorso Corti d’Autore : les noms à connaître
Cette compétition réunit des cinéastes déjà installés qui s’offrent la
liberté du format court. C’est là que se nichent les signatures les plus reconnaissables de la
sélection.
The Wind, One Brilliant Day
de
Ben Rivers
· Chine, Royaume-Uni
Le Britannique Ben Rivers, figure de l’avant-garde tournant encore en pellicule 16 mm, revient après Bogancloch et Mare’s Nest avec un nouvel essai poétique. Son cinéma, entre documentaire et rêverie, sonde les marges du monde et les utopies fragiles — exactement ce que Locarno aime défricher.
The Bovine Comedy
de
Ratchapoom Boonbunchachoke
· France
Le Thaïlandais s’était fait remarquer à la Semaine de la critique de Cannes 2025 avec l’inclassable A Useful Ghost. Il confirme ici sa veine si singulière, mêlant fantastique, satire sociale et humour absurde dans un court produit en France.
The Blessing
de
Caroline Poggi et Jonathan Vinel
· France, Suisse
Le duo français, Ours d’or du court métrage à Berlin et révélé par Eat the Night et Jessica Forever, poursuit son exploration d’une jeunesse nourrie au jeu vidéo et à la mélancolie numérique. Le court métrage de genre reste l’un de leurs terrains de jeu favoris.
Quelque part dans un pays libre
de
Antonin Peretjatko
· France
L’iconoclaste français de La Fille du 14 juillet et La Loi de la jungle applique son burlesque nerveux et sa satire politique au format court. Un titre programmatique pour un cinéaste qui n’a jamais eu la langue dans sa poche.
Elegy for the Forgotten, on an Endless War
de
Bani Khoshnoudi
· Iran, France
La cinéaste irano-mexicaine, autrice de Fireflies, signe une élégie sur la mémoire et les guerres sans fin. Son cinéma de l’exil et du déracinement trouve à Locarno une caisse de résonance naturelle.
Shi Hou (Already Happened)
de
Hao Zhou
· États-Unis, Chine
Le cinéaste sino-américain, passé par les grands rendez-vous du documentaire, brouille les frontières entre réel et fiction. Un regard intime sur le temps qui file et la mémoire qui s’efface.
The God That Destroys
de
Jyoti Mistry
· Autriche, Suède
L’artiste et cinéaste sud-africaine, coutumière du found footage et de l’essai visuel, interroge la violence et le sacré. Une proposition radicale, à la lisière de l’art contemporain.
Et si Thuy n’existait pas
de
Carlo Francisco Manatad
· Philippines, France, Indonésie
Le Philippin, révélé par Whether the Weather Is Fine, poursuit son cinéma sensoriel et politique sur l’Asie du Sud-Est, entre chaos climatique et poésie du quotidien.
Private Property
de
Deepak Rauniyar
· États-Unis, Népal, France
Le Népalais de White Sun, jadis choisi pour représenter son pays aux Oscars, revient avec un court sur la propriété et le pouvoir. Une voix rare du cinéma himalayen sur la scène internationale.
Âsheghetam
de
Filmsaaz
· France, Suisse, Iran
Le collectif iranien Filmsaaz, remarqué à Rotterdam avec Wolfgang, signe une déclaration d’amour — le titre persan signifie « je t’aime » — portée par une création collective, forme de résistance par l’image.
Filtrer les deux compétitions par pays
Concorso Internazionale
Vingt jeunes cinéastes du monde entier, toutes en première mondiale, qui gagnent à Locarno leur
première exposition internationale.
Another Day in the Metal Box — Gleb Feldman(Ukraine)
As a Cure — Dorothea Sing Zhang(Chine, Royaume-Uni)
Respirer une fois sur trois — Charlyne Genoud(Suisse)
Singularity — Marjolaine Perreten(Suisse)
Street of Resistance — Jan Ciallella(Suisse)
The First Flower — Astrit Ismaili(Kosovo, Suisse, Pays-Bas)
Typhoon Mambo — Domenico Singha Pedroli(Suisse, France, Thaïlande)
Zrugg — Lars Mulle(Suisse)
Aucun film de ce pays dans cette compétition.
La sélection principale — Concorso Internazionale des longs, Cineasti del Presente, Piazza Grande et
film d’ouverture — sera dévoilée le 9 juillet. En attendant, ces quarante courts
donnent déjà le ton d’un Locarno 79 tourné, comme toujours, vers le cinéma de demain.
Je serai sur place, accrédité, du 5 au 15 août.