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🎩 Cinéma · Critique · Cannes 2026

« L’Objet du délit » d’Agnès Jaoui : un retour à Cannes plein de tendresse

📅 31 mai 2026 ✎ Objectif Festival — Brice ANXIONNAZ 🕒 5 min de lecture | lecteurs au total
Affiche officielle de L’Objet du délit d’Agnès Jaoui — sortie le 27 mai 2026

C’était, pour moi, la première fois depuis une éternité que je voyais un film de la sélection officielle de Cannes en salle, et non des mois plus tard sur l’écran d’un ordinateur portable. Mon deuxième cinéma en quelques jours, après The Mandalorian and Grogu. Au programme : L’Objet du délit, le nouveau film d’Agnès Jaoui.

⚠️ Avertissement spoilers : cette critique reste volontairement sans spoiler majeur. Le ressort dramatique central — l’accusation qui fait basculer le récit — est mentionné car il figure déjà dans le synopsis officiel et la communication du film, mais l’issue de l’intrigue n’est pas dévoilée. Lecture sans risque avant la séance.

Agnès Jaoui de retour sur la Croisette, vingt ans après

Présenté hors compétition au Festival de Cannes 2026, dans la section Cannes Première, L’Objet du délit marque le grand retour d’Agnès Jaoui sur la Croisette, plus de vingt ans après le Prix du scénario reçu pour Comme une image. Le film est sorti dans les salles françaises le 27 mai 2026. C’est une comédie dramatique qui se déroule dans les coulisses d’une production de l’opéra Les Noces de Figaro de Mozart.

« Dans les coulisses d’une ambitieuse production de l’opéra Les Noces de Figaro, les tensions montent lorsqu’une accusation d’agression sexuelle éclate, mettant en péril la production et forçant chacun à prendre position. Les conflits d’opinion et de génération se font jour, et comme toujours chez Agnès Jaoui, le rire n’est jamais loin du drame. » — Synopsis officiel, StudioCanal
🎥 La fiche technique
  • TitreL’Objet du délit
  • Réalisation — Agnès Jaoui
  • Scénario — Agnès Jaoui, avec Noé Debré, Laurent Jaoui, Emmanuel Salinger et Florence Seyvos
  • Casting — Agnès Jaoui, Daniel Auteuil, Eye Haïdara, Claire Chust, Patrick Mille, Jacques Weber, Tiphaine Daviot
  • Genre — Comédie dramatique
  • Durée — environ 2 h 13
  • Distribution — StudioCanal (France / Belgique)
  • Cannes 2026 — Hors compétition (section Cannes Première)
  • Sortie France — 27 mai 2026
Agnès Jaoui, réalisatrice de L’Objet du délit
Agnès Jaoui, réalisatrice et comédienne © Objectif Festival / Brice ANXIONNAZ

Un bel hommage à Jean-Pierre Bacri

L’Objet du délit est le premier film écrit et réalisé par Agnès Jaoui sans Jean-Pierre Bacri, son complice de toujours et alter ego, disparu en 2021. On sent, tout au long du film, la présence en creux de cette écriture à deux voix qui a façonné leurs plus grands succès. La galerie de personnages truculents, les dialogues qui font mouche, cette manière unique de faire cohabiter le rire et le malaise : tout cela porte encore l’empreinte du duo.

❤️ Un film dédié

Agnès Jaoui dédie ce film à Jean-Pierre Bacri. Pour qui a aimé leur cinéma commun — de On connaît la chanson à Le Goût des autres — cet hommage en filigrane est l’un des plus beaux moments du film.

Claire Chust : une attente, et un petit regret

Je dois l’avouer : je suis un grand admirateur de Claire Chust, que j’adore dans Scènes de ménage. J’attendais donc beaucoup de sa présence ici, où elle incarne l’un des personnages les plus importants de l’histoire. Et c’est là mon seul vrai bémol : à plusieurs moments, au moment précis où j’aurais aimé la voir voler la vedette, elle s’efface presque complètement. Le film lui offre une place centrale sur le papier, mais la met parfois en retrait quand l’élan dramatique aurait gagné à la laisser occuper tout l’espace.

Ce choix de mise en scène se défend — Jaoui aime les récits choraux, où ensemble est le maître-mot et où aucune voix ne doit écraser les autres. Mais en tant que spectateur conquis d’avance, j’en suis ressorti avec une petite frustration affectueuse : l’envie d’en voir davantage.

Une séance de 21 h, presque pour moi tout seul

Petite parenthèse sur l’expérience elle-même : j’étais seul dans la salle. Les séances de 21 h en début de semaine ne font pas le plein, surtout quand les transports pour rentrer s’arrêtent tôt. Cela donne une forme d’intimité particulière — un grand écran, un fauteuil, et le sentiment d’une projection privée. Après des années à rattraper les films sur un ordinateur portable, ce retour en salle avait quelque chose de précieux.

⭐ Mon verdict

Un bon moment, porté par un casting savoureux et l’humanité habituelle du cinéma d’Agnès Jaoui. L’hommage à Jean-Pierre Bacri touche en plein cœur. Mon seul regret reste le retrait de Claire Chust à des moments où je l’attendais au premier plan. Un film généreux et intelligent, qui se referme, comme Les Noces de Figaro, sur une note d’optimisme.

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