[CRITIQUE] ALITA : BATTLE ANGEL

TITRE : Alita : Battle Angel
DATE DE SORTIE : 02 / 01 / 2019
RÉALISÉ PAR : Robert Rodriguez

CASTING : Christophe Waltz, Rosa Salazar, Jennifer Connelly

 

Lorsqu’Alita se réveille sans aucun souvenir de qui elle est, dans un futur qu’elle ne reconnaît pas, elle est accueillie par Ido, un médecin qui comprend que derrière ce corps de cyborg abandonné, se cache une jeune femme au passé extraordinaire. Ce n’est que lorsque les forces dangereuses et corrompues qui gèrent la ville d’Iron City se lancent à sa poursuite qu’Alita découvre la clé de son passé – elle a des capacités de combat uniques, que ceux qui détiennent le pouvoir veulent absolument maîtriser. Si elle réussit à leur échapper, elle pourrait sauver ses amis, sa famille, et le monde qu’elle a appris à aimer

 

Étrange collaboration que celle entre James Cameron et Robert Rodriguez. On a d’un côté un réalisateur ultra exigeant ayant délivré kyrielle de blockbusters cultes et de l’autre un comparse s’appuyant plus sur des concepts que sur une véritable envie de filmer, donnant lieu à des œuvres oscillant entre le regardable et l’oubliable.

Il n’empêche que c’est le réalisateur de Sin City qui a eu la lourde tâche d’adapter sur grand écran le manga culte de Yukito Kishiro, tandis que Cameron planche sur ses suites d’Avatar. En résulte un film bâtard, où les qualités sauvent heureusement les tares présentes du film.

Parlons en des tares justement. La mise en scène, tout d’abord, pêche par un flagrant manque de personnalité et brille par une absence de dynamisme dans la plupart de ses scènes d’action, les mano à mano s’alignant ainsi mollement à l’écran. L’acteur interprétant Yugo est quant à lui particulièrement falot, apportant aucune sympathie ou empathie à son personnage  et rendant la love story quelconque au possible.  On pourra également ajouter un score assez anecdotique de Junkie XL, marquant le métrage par son absence de thèmes forts.

 

 

Et pourtant, de belles choses subsistent dans tout ça. Impossible de passer à côté de l’interprète de la Alita du titre, qui porte à elle seule le métrage sur ses épaules. Délicat mélange de candeur et de férocité, la cyborg bénéficie d’un joli soin dans son écriture et son interprétation, alors que la plupart des autres personnages font parfois office de coquilles vides.

Si Rodriguez rate la plupart de ses scènes d’action, il n’en demeure pas moins quelques beaux restes, supervisés semble-t-il par James Cameron lui-même (qui aurait par ailleurs confié une véritable bible graphique au réalisateur mexicain). Ainsi, le passage du Motorball nous conduit dans un véritable maelstrom où la chair et le métal s’entrechoquent dans une séquence où le découpage et le dynamisme détonnent violemment avec le reste du film.

On pourra également saluer le très beau travail de WETA sur le film, qui, s’il n’arrive pas à faire d’Iron City une mégapole crépusculaire et décatie, nous propose quand même quelques jolis tableaux dont un flash-back guerrier du plus bel effet. Idem pour certains des cyborgs du film, Alita en tête, plus « vrais » que nature.

Même si on regrette qu’un projet aussi mûrement chéri par son instigateur ait été confié à un artisan loin d’être chevronné, on entraperçoit quand même, parfois avec panache, ce qu’aurait pu être une adaptation digne de ce nom de Gunnm.

 

 

Le film d’en demeure pas moins l’une des meilleures adaptations de manga / anime vues sur grand écran et un blockbuster un peu plus consommable que la moyenne. A voir désormais si les scores relativement décevants au box-office permettront la mise en chantier d’une suite, ou si la fin ouverte nous laissera sur notre faim !

 

Note : 3,5 / 6

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