[CRITIQUE] SEX EDUCATION

 

La rebelle Maeve entraîne Otis, un ado vierge mais doté d’une mère sexologue, dans la création d’une cellule de thérapie sexuelle clandestine au sein de leur lycée…

Il fut un temps où les œuvres traitant d’adolescence et de sexualité se résumaient à la série des « American Pie » et son lot d’ersatz plus ou moins réussis. Privilégiant avant tout la vanne graveleuse au lieu du développement de ses personnages, ces œuvres laissent rarement de bons souvenirs, à quelques exceptions près (l’excellent Superbad de Greg Mottola en tête)

Si Sex Education peut laisser de marbre au premier abord, surtout avec un tel titre, on ne peut cependant d’être intrigué par le tout, notamment avec un joli casting comprenant Asa Butterfield (Hugo Cabret) et l’inoubliable Scully de X-Files, Gillian Anderson, en sexologue .

Premier bon point pour la série, son traitement de la sexualité, à la foi cru, réaliste, sans jamais tomber dans la vulgarité la plus crasse. La série nous offre un joli portrait de personnages parfois atypiques mais souvent attachants, par le prisme de leurs ébats sexuels tantôt chaotiques ou non existants.

Ainsi, Sex Education finira sur le long terme par légèrement occulter son postulat de départ pour se concentrer sur ses personnages et leurs états d’âme, leurs relations voire leurs phobies. Car tout n’est pas rose dans ce lycée, et la série n’hésite pas à aborder certains thèmes comme l’homosexualité, le culte de la performance voire l’avortement, sans pour autant sombrer dans le pathos ou le manichéisme. On s’étonnera souvent d’avoir la larme à l’œil devant certains passages, avant d’avoir un fou-rire quelques minutes plus tard avec une scène de sexe haut en couleurs. Cette juxtaposition de tons est plutôt agréable, tout en apportant plus de matière à l’ensemble.

Difficile de ne pas s’attarder sur le trio central plus que réussi, même si l’un des personnages frôlait dangereusement le cliché gênant avant de se voir affubler d’un traitement bien plus subtil.  La galerie de personnages gravitants autour d’eux est également de bon aloi, entre la greluche bien plus adorable qu’elle n’en a l’air ou le gros macho qui n’en est pas un. Les seconds rôles sont ainsi souvent savoureux et vont bien au-delà de simples silhouettes vectrices de gags. A ce titre, Gillian Anderson nous livre une performance remarquable, d’autant plus que l’actrice nous a rarement montré l’étendue de son talent dans des comédies.

 

 

Petit détail relativement anodin mais agréable, l’histoire se déroule dans un lycée situé au Royaume-Uni, au Pays de Galles pour être précis. Cela donne une patine particulière à l’ensemble, curieux mélange de lieux communs propres aux séries pour ados américaines et de paysages verdoyants, le tout avec quelques bonnes couleurs pastel !

Si la série fait mouche à plusieurs niveaux, on pourra lui reprocher une fin un peu abrupte, même si la seconde saison est déjà en route. Qu’à cela ne tienne, on peut difficilement bouder son plaisir devant cette œuvre aussi iconoclaste que jouissive, et on n’a qu’une hâte, retrouver cette bande de joyeux drilles le plus vite possible.

 

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