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[CRITIQUE FILM] SPIDERMAN – INTO THE SPIDERVERSE

4 min read

TITRE : Spiderman : Into the Spiderverse
DATE DE SORTIE : 12 / 12 / 2018
RÉALISÉ PAR : Bon Persichetti, Peter Ramsey, Rodney Rothman

CASTING : Shameik Moore, Mahershala Ali, Chris Pine, Hailee Stenfield, Nicolas Cage

Spider-Man : Into the Spiderverse suit les aventures de Miles Morales, un adolescent afro-américain et portoricain qui vit à Brooklyn et s’efforce de s’intégrer dans son nouveau collège à Manhattan. Mais la vie de Miles se complique quand il se fait mordre par une araignée radioactive et se découvre des super-pouvoirs : il est désormais capable d’empoisonner ses adversaires, de se camoufler, de coller littéralement aux murs et aux plafonds ; son ouïe est démultipliée… Dans le même temps, le plus redoutable cerveau criminel de la ville, le Caïd, a mis au point un accélérateur de particules nucléaires capable d’ouvrir un portail sur d’autres univers. Son invention va provoquer l’arrivée de plusieurs autres versions de Spider-Man dans le monde de Miles, dont un Peter Parker plus âgé, Spider-Gwen, Spider-Man Noir, Spider-Cochon et Peni Parker, venue d’un dessin animé japonais.

 

Cela fait des années maintenant que Spiderman se voit trimbaler un peu partout, de studio en studio, avec un changement d’acteur devenu un quasi running gag.

Après la brillante trilogie entamée par Sam Raimi (malgré un troisième opus consumé par les désidératas des studios mais possédant des qualités indéniables), deux films exécrables et un retour sous le giron Marvel dans un Homecoming  aussi bien interprété qu’affligeant de platitude, au tour de l’animation de se frotter au fameux Tisseur.

Un retour chez Sony, responsable des deux massacres précédemment cités, avait de quoi faire frémir, mais le projet a alors pris un autre chemin, autrement plus intriguant. Exit donc l’éternelle histoire de Peter Parker (en apparence du moins) et place à Miles Morales, version alternative de Spiderman vivant dans une autre dimension. Bon point donc pour de ce Into the Spideverse, s’intéresser à cette version finalement peu connue du grand public du héros. Car si on a encore une fois droit à une origin story, les enjeux seront ici différents et l’apport des spiderman d’univers alternatifs apporte une bouffée d’air frais à l’ensemble.

Si la dynamique d’ensemble fonctionne plutôt bien, on regrettera cependant que la gestion de chaque itération soit assez peu équilibrée. Pour une SpiderGwen bien mise en avant, un Spiderham ou Peni Parker feront un peu plus office de figurants. Même problème pour le Caïd,  très bien mis en valeur dans le Daredevil de Netflix, mais trop mis en retrait ici, alors que ses motivations auraient pu lui donner encore plus d’épaisseur. Pour rester dans les défauts du film, on pourra lui reprocher la tendance qu’ont les auteurs à souvent dynamiter certaines scènes par un humour assez malvenu. Si certains gags fonctionnent bien, certains arrivent comme un cheveu dans la soupe, annihilant tout potentiel dramatique de certaines scènes. On pourra cependant remercier les scénaristes (dont un des auteurs du film Lego ) de réduire les références trop méta à leur strict minimum, même s’ils ne peuvent s’empêcher une énième vanne sur Spiderman 3 et une scène post-générique passant de sympathique à pataude.

Malgré des défauts gâchant un peu notre plaisir, on aura cependant une bonne dose de qualités venant contrebalancer le tout. Miles Morales se trouve être un personnage très attachant, surtout au travers de sa relation avec son père. Il suffira d’un bel échange « muet » entre les deux personnages pour nous toucher en plein cœur, tout en nous montrant, au travers d’une idée aussi simple que brillante, tout le fardeau que représente le fait d’endosser le costume du Tisseur.

Le principal attrait du film résidera cependant dans son animation des plus réussies. Sortant de la synthèse conventionnelle ayant accaparé l’animation US actuelle, le film proposera un (d)étonnant kaléidoscope d’images sortant tout droit d‘une planche de BD, le tout blindé de trouvailles visuelles des plus jouissives. En effet, se rapprochant de la stop-motion et des expérimentions visuelles d’un Speed Racer ou Scott Pilgrim, Spiderman Into the Spiderverse propose un univers graphique riche et jouissif. Il suffira de voir le traitement visuel de chaque Spiderman ou le climax psychédélique pour se rendre compte de l’hallucinant travail des animateurs.

En définitive, s’il est loin d’être un chef-d’œuvre absolu, le film redonne quelque peu foi dans un genre horriblement sclérosé, surtout venant d’un studio au palmarès aussi sinistre. Alors que DC arrivait à nous divertir avec un très sympathique catalogue animé (avec en tête de liste Flashpoint Paradox ou Dark Knight), l’univers Marvel vient peut-être de trouver un nouveau moyen d’exploiter intelligemment son gigantesque roaster de super héros. A voir si l’avenir nous donnera raison ou pas !

Note : 4,5 / 6

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