Critique – Haunting of Hill House

Plusieurs frères et sœurs qui, enfants, ont grandi dans la demeure qui allait devenir la maison hantée la plus célèbre des États-Unis sont contraints de se retrouver pour faire face à cette tragédie ensemble. La famille doit enfin affronter les fantômes de son passé, dont certains sont encore bien présents dans leurs esprits alors que d’autres continuent de traquer Hill House.

Étonnante série que ce Haunting of Hill House fraîchement débarquée sur Netflix. Adaptée d’un roman de Shirley Jackson, ayant déjà connu deux adaptations au cinéma ( une superbe de 1963 et une autre particulièrement raté de 1999 ), cette nouvelle incursion au cœur de cette inquiétante bâtisse gardera la sève de l’oeuvre littéraire tout en y apposant des éléments nouveaux, que ce soit au niveau du nombre de personnages ainsi que de l’unité de lieu, démultiplié ici.

Sous ses oripeaux de conte horrifique assez lambda, à base de maison hantée et de spectres peu engageants, la série nous conduit vers des chemins assez inattendus, quitte à dérouter ceux étant venus chercher des frissons toutes les deux minutes. Car s’il y’a bien quelques jumpscares çà et là dans les 10 épisodes, la série se concentre plutôt sur la psyché de ses personnages, forcés de vivre avec leurs propres spectres et démons prenant racine dans l’inquiétante demeure du titre.

Plus qu’une simple série d’épouvante, HOHH, se veut avant tout un drame à hauteur d’homme qui prend le temps d’explorer chacun de ses personnages, mettant à nu leur désarroi et leur mal être, donnant lieu parfois à des scènes de dialogues éprouvants et bien plus dérangeants que n’importe quel fantôme vous bondissant à la figure. On se prend à s’attacher à cette fratrie à fleur de peu, fragile et vulnérable, qui cherche des réponses mais aussi la rédemption auprès des uns et des autres.

 

Si HOHH peut parfois prendre des airs de visite chez le psy, la série n’en oublie pas ses racines horrifiques et distille avec parcimonie ses effets, qui s’ils répondent parfois à un cahier des charges assez convenu, créent également un beau sentiment de mal être. L’écriture est solide et la narration assez complexe jouant sur différentes temporalités pourra parfois rebuter mais est essentiel pour donner plus de poids aux personnages et au crescendo dramatique concluant le tout. Le mise en scène quant à elle est à la fois sobre et élégante, le réalisateur s’autorisant même un somptueux épisode qui serait presque le pendant horrifique d’un film tel que Gravity. Les acteurs sont très convaincants, notamment Carla Gugino, parfaite dans son rôle de matriarche consummée par les lieux, et il sera dur de ne pas avoir la larme à l’œil face au sort de certains et aux destins des autres.

 

 

Artisan relativement peu connu, Mike Flanagan continue de développer ses thématiques tout en prenant du galon au fil de ses œuvres, surfant d’une adaptation de Stephen King à un home invasion avec une maestria qui fait bien plaisir. Reste à voir désormais si son premier vrai gros morceau (l’adaptation du Doctor Sleep de Stephen King ) l’intronisera enfin auprès des meilleurs conteurs horrifiques actuels. Vous pouvez en attendant vous délecter de cette série où horreur et émotion font définitivement bon ménage.

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David V