Black Mirror – Saison 4

Black Mirror est arrivée sans crier gare dans le paysage audiovisuel, se posant en délicieuse alternative face à la kyrielle de séries feuilletonnesques existantes actuellement.

 

Rappelant les classiques tels que  « La Quatrième dimension » ou «  Au-delà du réel », la création de Charlie Brooker  se distingue par son aspect anthologique, chaque épisode se concentrant sur un univers et un groupe d’individus différents, avec comme thème récurrent notre rapport aliénant face à la technologie.

Après trois saisons auréolées de succès, et une transition dans le bouquet Netflix, la série nous a enfin dévoilé sa quatrième saison et comme il est assez compliqué de la juger dans son ensemble, nous allons nous pencher sur les différents épisodes constituant cette nouvelle fournée, en limitant les spoilers.

 

USS Callister

S’il fallait une preuve que la série est désormais dans l’écurie du mastodonte américain, USS Callister est là pour nous le rappeler. Brillant par sa direction artistique aux petits oignons et des effets spéciaux très réussis, cet épisode est une amusante parodie de Star Trek qui bifurque vers des chemins assez inattendus, voire sombres.

Les acteurs sont également excellents, et on vous défie de trouver les deux petits caméos de stars présents dans l’épisode !

 

Arkangel

On rigole moins avec cet Arkangel réalisé par Jodie Foster, et nous racontant les mésaventures d’une mère et de sa fille, cette dernière se voyant affublée d’un étrange appareil de surveillance.

Un pur épisode dans la tradition de Black Mirror, avec ce constat assez effrayant d’une société cherchant à tout voir et savoir, quitte à détruire toute forme d’intimité chez autrui.

 

Crocodile

Tournée dans les paysages glacés de l’Islande, Crocodile nous ramène un autre réalisateur « côté », à savoir John Hillcoat, auteur des sympathiques «  La Route » et «  Des hommes sans loi » .

Si le réalisateur arrive à distiller une atmosphère pesante avec en toile de fond les splendides reliefs du pays, on regrettera que l’argument technologique soit finalement quelconque, d’autant plus que le segment fait parfois preuve d’une violence un peu trop gratuite.

 

Hang the DJ

Difficile de trouver des bribes de bonheur dans « Black Mirror » mais après le superbe « San Junipero » de la saison 3, « Hang the DJ » arrive à apporter, une fois de plus, un semblant d’optimisme dans l’univers glacé de la série.

Porté par un duo d’acteurs absolument attachant et impeccable, ce segment arrive à nous émouvoir et nous faire rire, le tout avec une jolie réflexion sur le déterminisme.

 

Metalhead

Troisième segment faisant appel à un réalisateur connu, en la personne de David Slade (réalisateur de Hard Candy, 30 jours de nuit et Twilight 3), Metalhead nous plonge dans un univers post-apocalyptique rappelant le méconnu mais excellent « Hardware ».

Malgré une très belle patine visuelle (le noir et blanc y est superbe), cette « tête de ferraille » se contente d’être un sympathique survival sans réel questionnement sur notre rapport à la technologie, et finalement assez en porte-à-faux avec le fil rouge de la série.

 

Black Museum

Segment « méta » se subdivisant en trois sketches, Black Museum arrive, avec un certain brio, à surfer de genre en genre ( body horror, histoire d’amour…), tout en arrivant à nous montrer, avec un glaçant humour noir, les dérives liées au contrôle de l’esprit, sous toutes ses formes.

Une jolie conclusion pour une saison plus que réussie, à quelques exceptions près, nous prouvant que la petite série est définitivement entrée dans la cour des grands.

 

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David V