[ Critique ] The Empty man

[ Critique ] The Empty man

Adaptation d’une série de comic books créée par Cullen Bunn et Vanessa R. Del Rey, THE EMPTY MAN gravite autour d’un démon ancien qu’on découvre tout d’abord au Bhoutan lors d’un prologue sanglant puis qu’on retrouve quelques années après aux Etats-Unis.
James Lasombra, ex-policier alcoolique qui ne se remet pas du décès de sa femme et de son fils dans un accident de voiture, est désormais détective. Il enquête sur la disparition de la fille d’une amie et tombe bientôt sur les traces de « l’Empty Man », devenu légende urbaine auprès de tous les adolescents du coin.

 

On aura assisté ces dernières années à l’un des achats les plus marquants de l’histoire du divertissement, à savoir l’acquisition de la 20th Century Fox par Disney. Coup de massue pour certains, champ des possibles quasi infini pour d’autres, cette opération aura cependant causé pas mal de dommages collatéraux du côté de certains films se retrouvant mis au ban en attendant une vague sortie sur une plateforme.

C’est un peu le cas de ce Empty Man, qui aura eu la chance de connaitre une petite sortie en salles avant de sombrer dans les oubliettes. Ce n’est que récemment que ce film d’horreur anciennement estampillé Fox s’est vu offrir une seconde jeunesse sur Disney Plus, situation on ne peut plus cocasse qui aurait sans doute fait sourire il y a quelques années de cela. Il faut dire que le film est loin de ressembler au tout venant de la firme aux grandes oreilles, mais plutôt à la vague de métrages horrifiques puisant leurs références dans le monde du net et des creepypasta (Slenderman en tête). Mais est-ce vraiment le cas ?

Adapté du roman graphique de Cullen Bunn et Vanesa R. Del Rey, The Empty Man part avec de sérieux handicaps, avec pour commencer un titre n’inspirant pas vraiment confiance ( les films avec le suffixe « man » étant rarement des réussites) . La bande-annonce est du même acabit, avec une ambiance sentant bon le boogeyman lambda et le jumpscare facile. Pas étonnant donc que le film ait connu une carrière des plus confidentielles, en témoignent les nombreux commentaires moqueurs sous ladite bande annonce, venant en très grande majorité de personnes n’ayant pas vu le film.

 

 

Il suffira cependant de regarder la superbe intro du film pour se rendre compte que le film cherche à nous emmener autre part.  Débutant dans un coin paumé du Bhoutan, on y suit un groupe de randonneurs se retrouvant nez à nez avec un mystérieux squelette dans une grotte. Loin de jouer la carte du sursaut, le réalisateur pose sa caméra et laisse ainsi transpirer un mal se rependant lentement, détruisant ce groupe d’amis avec une froideur clinique, le tout magnifié par un travail remarquable sur le design sonore. Il faudra ainsi attendre 20 minutes avant que le titre du film n’apparaisse, fait assez rare de nos jours pour être noté

Même si le reste du métrage n’atteindra pas systématiquement l’intensité de la scène d’ouverture, la note d’intention est claire : prendre son temps et laisser la menace s’étendre au compte-goutte. The Empty Man va alors prendre des chemins assez inattendus, lorgnant tour à tour vers le drame psychologique avec le personnage brisé de Lasombra (excellent James Badge Dale) et le film de secte que n’aurait pas dédaigné un studio comme A24. Même le concept du Empty Man se révèle des plus rafraichissants, celui-ci s’autorisant quelques audaces philosophiques nous changeant du sempiternel esprit vindicatif.

 

 

Afin d’enrober tout ça, David Prior fait preuve d’une maitrise visuelle assez bluffante, surtout quand on sait qu’il s’agit ici de son premier long métrage.  Cet ancien réalisateur de making off, ayant notamment collaboré avec David Fincher, nous offre ainsi un métrage joliment photographié, tout en soignant son cadre de la plus belle des manières. Comme dit plus haut, le film sera assez avare en moments de grosse tension mais il suffira d’une balade nocturne en forêt où s’entremêleront délires hallucinatoires et found footage pour faire créer un beau sentiment de malaise.

Tout ne sera cependant pas rose dans le film, à commencer par un dernier acte un peu rapidement expédié, quand bien même la durée du métrage dépasse allègrement les 2h. On pourra également regretter que le film souffre un peu trop par moments de la comparaison avec ses glorieux ainés ( Wicker Man, Ring, La secte sans nom ou Hérédité en tête).

 

Qu’à cela ne tienne, The Empty Man est une proposition de cinéma horrifique particulièrement intéressante, notamment à une époque où prédominent les franchises à rallonge comme le Conjuringverse. A voir désormais si le film arrivera à trouver son public en streaming.

Bande annonce :

 

4,5 / 6

 

Actuellement disponible sur Disney+



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